Dans les coulisses de la réouverture…

On l’a longtemps attendu, espéré, même souvent rêvé… Pour que finalement, ce 19 mai l’on puisse se dire que ça y est, le voici enfin venu : le jour tant attendu de la réouverture !   Alors, après plus de 8 mois de fermeture forcée, de rideaux baissés, et de séparations douloureuses entre les restaurateurs et leurs […]
On l’a longtemps attendu, espéré, même souvent rêvé… Pour que finalement, ce 19 mai l’on puisse se dire que ça y est, le voici enfin venu : le jour tant attendu de la réouverture !

 

Alors, après plus de 8 mois de fermeture forcée, de rideaux baissés, et de séparations douloureuses entre les restaurateurs et leurs clients, qu’ils soient habitués, de passage ou simples touristes en goguette, mais surtout à quelques heures de cette reprise si désirée, Green Food est parti à la rencontre de ses restaurateurs, aux quatre coins de la France.

Entre stress, impatience, excitation, vœux et prières en tous genres pour une météo qui soit la plus clémente possible, on rembobine tout et on vous embarque avec nous, en cuisine mais aussi de l’autre côté du comptoir, 24h tout pile avant cette fameuse réouverture.

L’effervescence d’une rentrée des classes !

« On brique, on cuisine, on prépare… C’est un peu comme une veille de Noël finalement : tout le monde est euphorique » nous glisse le chef de La Cascade à Clisson, Pierre-Yves Bronsart. Depuis pratiquement trois semaines maintenant, il se prépare avec son équipe à ce fameux jour J de façon active et pragmatique, puisqu’il faut « refaire les cartes, remplir de nouveau la cave, la chambre froide, essayer d’anticiper au mieux les futurs livraisons… ».

Du côté de Chez Lucien à Lyon c’est à peu de choses près le même son de cloche, « c’est beaucoup de stress, mais aussi beaucoup d’excitation. Un peu comme si on ouvrait un nouveau restaurant ! Ce qui est rassurant par contre c’est le fait de savoir que mon équipe est là, depuis longtemps et surtout au complet, ça apporte un peu de sérénité à cette reprise », confie Benjamin Nieto.

Une reprise pour le moins particulière parce que « nous ne sommes jamais resté fermés aussi longtemps, on repart vraiment de zéro. Nous allons tous devoir reprendre le rythme, ensemble ». Après tous ces mois c’est aussi « physiquement qu’il va falloir tenir » complète-t-il. Cette reprise partielle, en demi-jauge, est perçue comme un entrainement avant une reprise qu’on espère totalement complète au mois de juin prochain.

« Des équipes sur le pied de guerre » malgré une météo incertaine

Toutefois, même si les établissements étaient fermés, les restaurateurs ne se sont pour autant pas arrêtés de travailler rappelle Benoît Leveque du Bistronomik à Pornic. « Nous n’étions certes pas face à nos clients, mais on n’a pas arrêté d’échanger avec nos maraîchers, nos producteurs tous locaux, afin d’anticiper toutes nos livraisons, il n’y a donc aucun stress pour nous. Nos équipes sont sur le pied de guerre. La chose qu’on appréhende le plus c’est surtout la météo… ».

Car en effet, s’il y a bien une inconnue en cette veille de réouverture c’est elle : la météo, qui restera imprévisible jusqu’aux derniers instants. Présente dans les têtes et les esprits de tous, restaurateurs comme clients. Bernard et Armelle, qui attendent en Bretagne, eux aussi cette reprise de pied ferme pour pouvoir « enfin profiter de bonnes tablées entre amis, sur la terrasse de notre restaurant préféré » reconnaissent toutefois qu’ils ne savent pas « à quelle sauce ils vont être mangés » et espèrent « passer entre les gouttes ».

« Ce temps trop imprévisible c’est vraiment ce qu’on redoute le plus » rajoute Benoît Leveque, puisqu’il ne lui permettra pas « d’accueillir les clients dans de bonnes conditions si jamais le soleil n’est pas au rendez-vous… ».

À Paris, du côté des consommateurs, la météo importe peu pour Célia ou encore Victor qui de leurs côtés envisagent la soirée qui arrive comme « une véritable libération ! Pour retrouver nos copains, ce sera quand même beaucoup plus simple que dans nos petits appartements, on va retrouver nos habitudes, ça va nous faire du bien ».

Daniela, étudiante s’empresse de renchérir elle aussi qu’elle « y pense depuis trois jours maintenant que j’ai terminé mon mémoire. C’est vraiment la sortie du tunnel, le bonheur ! Je suis trop contente, ce sera comme une grande bouffée d’oxygène ».

Une réouverture qui se fera malheureusement encore un peu attendre pour d’autres…

Pourtant, malgré tout cet optimisme et ce « premier pas » vers un retour à la normale, cette « rentrée des classes » comme la qualifie Pierre-Yves Bronsart a comme un goût amer pour certains. Notamment ceux n’ayant pas forcément de terrasse.

Wilfried, Chef de la crêperie La Gavotte à Nantes fait partie de ceux-là… « Sans terrasse et avec un chiffre qu’on réalise en plus surtout en hiver, c’est compliqué, et je redoute que ce ne soit une reprise qu’en demi-teinte pour nous, un peu comme la reprise de l’année dernière… ». Pourtant de sa voix bienveillante et résolument optimiste il affirme qu’il a su rester positif « en continuant malgré tout à faire de la vente à emporter » pour ses clients, tout en espérant vivement malgré tout sa reprise à lui en juin prochain, qui lui permettra de « revoir du monde, de retrouver tous nos clients et surtout de leur faire plaisir à nouveau… »

Comme lui donc, nous avons-nous aussi hâte de voir TOUTES les enseignes de nouveau ouvertes très prochainement, on l’espère. En attendant bonne reprise à tous, en croisant bien entendu les doigts pour la météo…

Bon retour dans vos restaurants préférés, et bon appétit, Green, cela va sans dire ! 😉